|
La réserve des visages nus. Roman. Gallimard, collection Page Blanche, Paris 2000, 167 pages.
La réserve : un village cerné par une immense forêt. D'un côté, une rivière et de hautes falaises garantissent des frontières naturelles ; de l'autre, des interdits mythiques érigent une muraille infranchissable.
Les "visages nus" forment une population sans mémoire. Les ancêtres ont été déposés là, amenés par rails depuis le Centre, en wagons blindés.
Le seul contact avec le monde extérieur reste la voie ferrée sur laquelle circule encore une vieille draisine conduite par Rèm, un adolescent qui a hérité de la charge de cheminot à la disparition de son père.
Le monde extérieur existe-t-il encore ?
La voie ferrée se prolonge au-delà de la frontière, mais la nature apparaît dévastée. En principe, ces rails conduisent jusqu'au Centre d'où provient le ravitaillement grâce au convoi mensuel des bûcherons.
Les bûcherons, eux, n'ont pas le visage nu, ils sont casqués. Leur absence effraie autant la population de la réserve que leur présence. Seuls les enfants scolarisés à travers les programmes télévisés du Centre ont foi en l'avenir et terrorisent les adultes sans illusion.
Rèm, le jeune cheminot, avant d'être gagné à son tour par la mélancolie destructrice de l'âge adulte, veut savoir la raison de l'exil des visages nus.
La réserve des visages nus est une fable qui, sous des allures de récit d'anticipation, traite de thèmes d'actualité qui me tiennent à cur :
- le sort des "liquidateurs" envoyés à visage nu ensevelir le cur malade de la centrale nucléaire de Tchernobyl ;
- le drame des Tibétains réduits à être d'éternels nomades dépossédés de leur âme, de leur terre, de leur avenir.
- la fuite des sociétés responsables devant l'ampleur des catastrophes naturelles en cours et celles qui sont déjà prévisibles.
Ces préoccupations ont influencé la création de ce récit allégorique, quête initiatique pour une prise de conscience de l'état du monde, avec au bout des rails, un désir d'action.
Le roman est aussi un hommage à la beauté de la Margeride, part septentrionale de la Lozère, dont les paysages préservés servent de décor à l'action, jusqu'à la frontière symbolisée par le viaduc du Garabit.
|
Disponibilité :
Librairies
|
|