Agenda

Prochain ouvrage à paraître en 2012




 

 

Ouvrage paru en novembre 2011

 


 


- 5 décembre à 21h sur France-Inter



Jean-Yves Loude, 'émission "Ouvert la nuit"  d'Alexandre Héraud

Thèmes : Saõ Tomé e Principe, autour de deux livres

Coup de théâtre à Saõ Tomé (Actes Sud)

Les poissons viennent de la forêt (Belin)

 

 

Sortie en octobre 2011 d'un nouveau roman jeunesse

"Les poissons viennent de la forêt"

texte de Jean-Yves Loude, illustrations Alain Corbel

Belin éditions - Collection Terres Insolites

 


 

Les poissons viennent de la forêt

Kéta a mis longtemps avant de quitter le monde paisible des morts et de prendre la décision de renaître. Il s'est finalement choisi pour mère la douce Madoké et pour père, Mé N'Gopa, le meilleur pêcheur parmi les Angolares. Ce peuple mystérieux vit à São Tomé, une île méconnue située au centre du monde, au croisement exact de l'équateur et du méridien de Greenwich. Non seulement le père de Kéta est le maître de la mer, mais il est aussi l'échassier magique qui survole la fête du Danço Congo, à plus de cinq mètres de haut. Comment être digne d'un homme aussi exigeant ? D'autant plus que Kéta naît handicapé et se sent étranger à la mer. Il est plutôt attiré par la terrifiante forêt équatoriale, guidée par une femme trop belle pour être réelle. Mais Kéta, le terrien, est prêt à endurer toutes les épreuves d'une longue initiation pour éveiller l'attention et l'affection de son père marin. Ne dit-on pas chez les pêcheurs Angolares que les poissons viennent de la forêt…

Ce récit que Jean-Yves Loude a rapporté d'un de ses séjours à São Tomé est le premier  roman jamais écrit sur le peuple très secret des Angolares. Cette société d'anciens esclaves fugitifs est fière d'avoir défendu sa liberté pendant près de quatre siècles au sein d'un royaume caché au plus profond de la forêt de São Tomé, une île accrochée à la ligne de l'équateur en plein cœur du Golfe de Guinée, à deux cents kilomètres à l'ouest du Gabon.

illustrations d'Alain Corbel

 

 

 

Parution en mai 2011

d'un album "Le Camion Frontière", aux éditions Vents d'ailleurs

texte de Jean-Yves Loude - illustrations Françoise Mallaval


 

extrait :

"Au début, il y a un camion. Un camion banal.

Quatre roues crevées, une citerne défoncée, une cabine cabossée, deux portes rouillées.

C'est un vieux camion délabré, écaillé, épuisé.

Il ne roule plus depuis longtemps. Il est abandonné.

Il n'agonise pas sur le bord d'un chemin ou d'un pré.

C'est difficile à croire, mais il est coincé dans un mur. Il est pris dans le béton.

Le mur avançait à toute allure. Il fallait faire vite. La peur hâtait sa construction.

Les Uns pouvaient survenir à chaque instant, et envahir les Autres.

Ou inversement.

Les bâtisseurs n'ont pas pris la peine de l'écarter.

Le camion est resté sur place. Le mur lui est passé dessus, sans s'arrêter.

Aujourd'hui, on ne voit plus que les flancs du camion :

l'un tourné vers les territoires du Nord, l'autre vers la zone Sud.

Des deux côtés, on distingue ses portières qui pourraient encore s'ouvrir :

sur la réserve des gens du Nord ou sur le camp des réfugiés du Sud,

Mais personne n'ose s'approcher de lui. 

Le mur a séparé les Uns des Autres.

Pour toujours.

Sinon, ils allaient continuer à se battre, longtemps."

 

L'avis de Ricochet sur le Camion Frontière
Coincé entre le territoire des gens du Nord et la zone des réfugiés du Sud, un camion, un camion banal. On ne sait pas qui des Uns ou des Autres a construit le mur, la seule chose assurée est que ce mur englobe le véhicule dans une frontière infranchissable. Tima du Sud, filles des Autres, et Primo du Nord, fils des Uns, investissent ce camion comme scène de jeu où ils miment le procès des hommes au moyen d’une flûte serpent.
Tima prend l’initiative : sont convoqués la vache, l’arbre, le loup, l’eau. Tous sont formels, l’homme est coupable. Tima est découragée, elle voit bien que rien ne peut le défendre d’une fin certaine. Primo reprend le pouvoir et sollicite un nouveau personnage fictif, l’Enfant qui renverse les termes du procès : le serpent n’est qu’une flûte et c’est aux enfants de faire leur avenir ; à eux d’inventer le « métissage », seule réponse aux frontières géographiques, culturelles. Sans certitude aucune, il faut poursuivre l’aventure. Les références aux réalités historiques dramatiques sont allégées par les situations qui s’ancrent dans des jeux transgressifs, universels quel que soit l’enfant, avec une franche fantaisie. L’illustration campe l’histoire dans un univers à la fois moderne et intemporel. La multiplicité des techniques : gravure ; découpage, collage ; ombres ; emprunts aux esthétiques africaines, cadrages multiples scandent les différents épisodes et accompagnent le récit vers la fin ouverte. Un album pour échanger, débattre et s’émouvoir.
Danielle Bertrand