Une des plus importantes découvertes de ces dernières années dans le domaine de l’Art Brut, Singulier ou Populaire, inscrit à l’inventaire du patrimoine national en 2013.
10 mai 2011, jour de départ de l’expédition« Voyage
avec mes ânes en Côte Roannaise ». Cette mission d’enquête
littéraire a été confiée à l’écrivain ethnologue Jean-Yves Loude, à
l’ethnologue photographe Viviane Lièvre et au kinésithérapeute Alain
Jouve, ânier de surcroit, par le Conseil Général de la Loire et les
Communautés de Commune de l’Ouest Roannais, afin de répondre à une
demande de définition d’un territoire et à cette question d’actualité :
la culture et la littérature peuvent-elles aider au rayonnement et au
développement économique d’une région belle et enclavée : la Côte
Roannaise ? L’aventure durera cinq semaines, couvrira une distance de
260 kilomètres. Les trois voyageurs et leurs ânes relieront dix-neuf
villages. Chaque soir d’arrivée, l’écrivain et sa compagne ethnologue
offrent une veillée différente sur chaque destination de leurs livres,
dix-neuf en tout qui réunissent de plus en plus de public au fur et à
mesure de la progression de l’équipée.
Mi-mai 2011 : Philippe Bertrand, sur France Inter,
déclare que chaque région de France devrait se doter d’une enquête
littéraire similaire.
Le lundi 13 juin 2011, Alain Jouve, Viviane Lièvre et
Jean-Yves Loude, flanqués des ânes Gomette, Violette et Samy, entament
la cinquième semaine de leur « Voyage en Côte Roannaise ».
La récolte de singularités patrimoniales est déjà plus
que satisfaisante. On pressent que le pari de cette exploration
littéraire va être gagné : à partir des richesses du passé, on pourra
tracer des pistes de développement pour le futur. L’expédition est en
train de prouver que les trois communautés de communes de la Côte
Roannaise forment bel et bien un territoire homogène doté d’atouts
culturels d’une rare qualité, qui ne demandent qu’à être valorisés pour,
en conséquence, valoriser l’ensemble de la région.
En ce lundi de Pentecôte, l’équipe fait étape à
Saint-Romain-la-Motte. Gabriel Boucher, adjoint au
maire, mène les trois enquêteurs littéraires, en pleine campagne. Là, à
l’orée d’un champ de maïs, se dresse un monticule recouvert de vigne
vierge. Trois statues en béton montent la garde de ce tumulus étrange.
Un grand ange recueille entre ses bras le cadavre d’un soldat. Il règne
une atmosphère d’abandon. En écartant les broussailles, les voyageurs
pénètrent dans une ancienne maison de vigne et,
aussitôt ressentent la fulgurance d’un choc.
Malgré le fouillis qui y règne, ils ont conscience de s’être
glissés dans un sanctuaire. L’espace est restreint, mais on
discerne une foultitude d’œuvres en terre cuite, des fresques en
bas-relief, des colonnes peuplées de personnages historiques ou de
figures féminines allégoriques, des inscriptions murales patiemment
calligraphiées, des femmes accablées par la guerre, des symboles de
justice et de paix, balances et colombes… Les yeux ne savent plus où se
poser. À ce moment précis, l’émotion partagée s’apparente à celle
d’archéologues découvrant un temple occulté par la végétation, évacué
des mémoires. Le temps, les intempéries, les rongeurs n’ont pas ménagé
les sculptures. Certaines colonnes se sont effondrées. De nombreux
personnages sont décapités. De fines têtes traînent par terre. Parfois,
les traits des visages ont été effacés. D’autres ont résisté à
l’érosion. Quelques traces de couleurs laissent supposer une polychromie
générale, à l’origine. Les enquêteurs restent abasourdis.
Il s’agit du Petit Musée de Pierre Martelanche. Gabriel
Boucher explique que l’auteur de ces œuvres était son
arrière-grand-père. Un homme exceptionnel. Un vigneron qui, privé des
bénéfices de l’instruction en raison de sa condition, n’aura de cesse de
compenser sa frustration en se lançant dans un plaidoyer artistique pour
revendiquer l’accès à l’Éducation pour tous. C’est un autodidacte. Il se
met un jour à utiliser le matériau qui lui tombe sous la main, la terre,
pour façonner un monument à ses idées laïques, républicaines,
profondément ancrées en lui. Il a cinquante ans, en 1900, quand il
commence à modeler la glaise. La mort interrompra son geste pour la paix
en 1923.
Martelanche a fait la lourde expérience de la défaite française
de 1870. Il en a réchappé, mais l’absurdité de la guerre
l’a traversé comme le tranchant d’une baïonnette. Il veut dire à son
entourage, à ceux qui sont capables d’attention, que la violence des
conflits est le mal absolu. Que seule la paix génère le progrès. Il
érige une colonne où l’on voit des jeunes femmes gracieuses comme des
nymphes soulever des canons, d’étage en étage, afin de les déverser dans
la gueule sommitale d’un haut fourneau. Le message est clair : il faut
fondre les canons pour les reconvertir en outils, araires, machines,
locomotives, utiles à une humanité marchant vers une modernité espérée
féconde, car davantage ouverte aux femmes.
La femme incarne une vision de l’avenir. C’est clair et
net dans l’esprit de Martelanche. Certes, on a l’habitude de voir
Science, Éducation, Paix et Justice prendre les formes allégoriques de
femmes. Le vigneron inspiré ne se prive pas de donner à ses espoirs les
formes avantageuses de naïades aux cheveux défaits, le sexe couvert de
rubans où s’étalent les devises de sa foi en l’humain. Ainsi,
représente-t-il le concert des nations, la colonne du dialogue des
cultures, par une farandole de belles créatures dont l’énergie joyeuse
viendra forcément à bout de l’instinct meurtrier des mâles. Mais,
Martelanche ne se contente pas du langage allégorique. Quand, dans un
bas-relief sublime, la figure de Marianne recouvre celle de
l’institutrice, c’est une petite fille qu’on voit étudier au centre de
la classe, sous le manteau protecteur de la République.
La liberté se conquiert grâce à la culture. Martelanche
le sait, lui le vigneron qui a lutté pour grappiller un peu de ce savoir
encore réservé, de son temps, aux élites. Alors il écrit, beaucoup, sur
le flanc de ses statues, sur des drapeaux, sur des panneaux. Il
s’ingénie à recopier la déclaration des Droits de l’Homme, à la graver
dans la glaise. Il calligraphie, avec pleins et déliés, des
recommandations aux jeunes filles. Il dédie, sur le fronton de son
temple une ode à « Victor Hugau », l’écrivain qui préconisa d’ouvrir des
écoles pour plus vite fermer des prisons. En cela, Martlelanche
appartient bien à la famille des créateurs d’art populaire, toujours
soucieux de doubler leurs œuvres par des explications redondantes, comme
s’ils n’étaient pas sûrs de la pertinence de leur art et de sa
lisibilité. En l’occurrence, Martelanche tend des lignes d’écriture pour
que viennent s’y poser les colombes de la paix et de la liberté.
Les enquêteurs ont la certitude de poser les yeux sur un
véritable trésor d’Art Brut, Naïf, Populaire ou Singulier.
Ils pensent au palais idéal du Facteur Cheval, au manège de Petit Pierre
à la Fabuloserie, au Jardin de Rosa Mir à Lyon, aux œuvres asilaires et
bouleversantes du Musée de Lausanne. Certes, la taille de la cabane de
vigne est restreinte, mais l’importance de son contenu s’impose.
Cependant, l’état des lieux est alarmant. Pourquoi un tel abandon ? La
cause est la même, logique, tragique, que pour les autres points
culminants de l’Art Brut, quand ils furent redécouverts : Martelanche
passa, à son époque, pour un esprit délirant, un fantaisiste, pour ne
pas dire un fou. Pourtant, il expliquait sa démarche, il faisait visiter
son « Petit Musée », il demandait un droit d’entrée qu’il réservait à la
construction d’une école. Idée vertueuse s’il en est. Mais la rumeur
publique ne le ménagea pas. Sans doute était-il jugé trop « rouge »,
« laïcart », trop progressiste : était-ce la place d’un paysan de jouer
les artistes donneurs de leçons ? Il semblerait que ce reproche de la
société se soit étendu comme un voile d’opprobre et que la descendance
du vigneron éclairé n’ait pas réussi à le déchirer. Jusqu’à ce lundi 13
juin 2011.
Comment sauver ce petit chef-d’œuvre en grand péril ? À
partir de cet instant, la question ne cessera de hanter les
investigateurs culturels et les descendants de Pierre Martelanche. Les
constructions en terre cuite, les tours de Babel et autres sculptures
ont résisté tant bien que mal à près d’un siècle, mais les prochains
froids ou orages violents risquent de leur être fatals. C’est sûr : la
région de la Côte Roannaise tient là une authentique « pépite »,
susceptible d’attirer un public d’amateurs et de curieux éclairés,
disséminés dans la France entière et à l’étranger. Il n’y a plus un
hiver à perdre ! Il convient de s’agiter dans la plus grande discrétion
afin de ne pas exposer non plus le Petit musée à des actes de
pillage.
Une chaîne de compétences se constitue. Madame Laure
Déroche, Maire de Roanne, est aussitôt prévenue. Elle permet d’alerter
Christian Chavassieux, Conservateur au Musée Déchelette de Roanne, qui
conseille de demander le diagnostic d’Anne Carcelles, Conservateur des
Antiquités et Objets d’Art de la Loire, qui, elle-même, avoue son
étonnement devant ce patrimoine caché et recommande d’en faire part à la
DRAC Rhône-Alpes. Jean Bartholin, Président de la Communauté de
Communes, Conseiller général de la Côte Roannaise, et initiateur de cet
audit culturel sous forme de voyage littéraire, est subjugué par la
grande actualité des messages humanistes de Pierre Martelanche. Un
dossier est déposé à la DRAC dès juillet 2011. La réponse, signée par
madame Marie Bardisa, Conservateur Régional des Monuments Historiques,
confirme sans attendre l’intérêt d’une conservation de ce
patrimoine.
Le 2 décembre 2011, paraît le livre de Jean-Yves Loude,
« Voyage avec mes ânes en Côte Roannaise », aux
éditions Jean-Pierre Huguet. Le chapitre consacré à l’étape de
Saint-Romain-la-Motte s’attarde longuement sur la magnifique
« redécouverte » du Petit Musée. Ces pages constituent la première
divulgation autorisée par la famille du vigneron créateur. Prudemment,
aucune mention du lieu d’implantation n’est stipulée. Mais, en
coulisses, le mouvement est lancé. Des visites de spécialistes se
succèdent qui confirment l’opinion générale. Le Conseil municipal de
Saint-Romain-la-Motte se rend en délégation sur le site, découvre
l’étrange beauté de ce temple dédié aux valeurs de Liberté, Égalité,
Fraternité, et le juge digne d’être rendu à l’admiration du plus grand
nombre, à l’édification des plus jeunes. Un projet de musée est ébauché,
impliquant un déplacement de la bâtisse, sa relocalisation au centre du
village, afin d’en assurer la sécurité et de l’ouvrir aux futurs
visiteurs.
C’est alors qu’une restauratrice des monuments historiques,
Colette Brussieux, est sollicitée pour donner son avis sur
l’ampleur de la restauration. À son tour, elle tombe sous le charme de
l’univers de Martelanche, de sa volonté de participer à la construction
d’un avenir meilleur. Certes, elle confirme d’emblée la valeur de cet
ensemble unique, mais son verdict est formel : si les œuvres ne sont pas
déplacées dans les plus brefs délais, mises hors gel et hors d’eau, il
ne sera même plus la peine de s’agiter pour vouloir sauvegarder quoi que
ce soit. Par respect pour cet héritage arraché à la nuit de l’oubli,
Colette Brussieux s’engage à diriger deux sessions de dépose des pièces.
Gabriel Boucher repère et aménage un « lieu sûr », ventilé, à
température constante. Avec l’aide de toute la famille Boucher, les
œuvres de Pierre Martelanche sont transférées au cours d’une semaine au
mois de novembre et d’une autre en décembre 2012 : toutes dépoussiérées,
désignées, répertoriées, décrites sous l’autorité de la restauratrice.
Puis photographiées sous tous les angles par Viviane Lièvre. Et enfin,
déplacées et réinstallées à l’abri.
Un film sur le travail de Martelanche est en cours. Le
réseau des relations et amitiés opérant, l’annonce d’une nouvelle étoile
dans le monde de l’Art Brut parvient aux oreilles de Philippe
Lespinasse, cinéaste connu pour ses reportages à « Thalassa » et « Faut
pas rêver », documentariste lié au Musée de Lausanne, point de référence
européen de l’Art Brut. Lespinasse a déjà réalisé une quinzaine de films
pour la prestigieuse institution suisse. En décembre 2012, il se joint à
l’équipe de sauvetage des œuvres de Martelanche et profite des jours de
transfert pour tourner un document sur le vigneron humaniste. Le regard
du cinéaste, pourtant habitué à traquer les créateurs insolites aux
quatre coins du monde, confirme encore une fois l’importance de la
découverte. « Un événement rare ! »
La venue d’un expert. C’est grâce à Philippe Lespinasse que le Petit
Musée reçoit, également en décembre 2012, la visite de Laurent Danchin,
considéré comme un des plus éminents spécialistes des Arts Brut et
Singulier en Europe. Critique d’art et conférencier, Laurent Danchin
collabore avec le Musée d’Art Brut de Lausanne aussi bien qu’avec la
Halle Saint-Pierre à Paris, centre des arts modestes en France. Il anime
un site de référence sur la toile, Mycelium et participe à la revue internationale
Raw Vision. Laurent Danchin déclarera devant la caméra de Philippe
Lespinasse l’importance de l’œuvre de Martelanche, « autodidacte
éclairé », habité jusqu’à l’obsession par le désir de transmettre sa
volonté de paix et d’instruction pour le monde. Il attirera l’attention
à la fois sur la beauté plastique des constructions et sur la rareté du
matériau, l’argile, très peu utilisé par les créateurs d’Art Brut, car
l’usage de la terre, modelée puis cuite, demande une initiation
technique que bien peu d’artistes populaires furent en mesure
d’acquérir. Laurent Danchin dès janvier 2013 témoigne sur le site de Mycelium du retour à la lumière des œuvres de
Martelanche, afin d’informer le réseau international des amateurs de ce
territoire de l’Art. Car les phases de restauration et d’élaboration
d’un musée ont besoin préalablement d’une reconnaissance nationale et
internationale.
Un musée d’Art Brut a intérêt à être associé à une action
sociale. C’est la préconisation de Laurent Danchin qui
s’appuie sur les expériences britanniques en ce domaine. Ce conseil
nourrit la réflexion. Il se trouve que la municipalité de
Saint-Romain-la-Motte vient d’acquérir un terrain sur lequel se dresse
une dépendance de ferme de 182 m2 au sol, bénéficiant d’un étage de 85
m2. Cette construction de caractère a l’avantage de se situer entre
l’école primaire et la future résidence pour personnes âgées, MARPA.
Cette bâtisse, orpheline de projet, se voit soudain investie d’une
importance stratégique : elle permet d’établir la préfiguration du musée
Martelanche en l’incluant dans une perspective sociale. La construction
serait partagée en trois espaces : le premier servira de salle
d’exposition. Le second à une mise en scène des idées avancées par
Martelanche à partir de son œuvre en vue de rencontres pédagogiques. La
troisième pièce deviendra un atelier « partagé » pour des initiations à
l’art de la terre, modelage et sculpture, grâce aux compétences d’un
professionnel. Le terme « partagé » indique que l’atelier sera ouvert de
manière privilégiée aux élèves de l’école primaire et aux résidents de
la maison de retraite, puis, aux autres heures disponibles, aux
habitants du village de Saint-Romain et de la Côte Roannaise. L’objectif
serait de faire de cet atelier partagé un centre de référence, lié au
futur musée des œuvres en terre cuite de Pierre Martelanche.
22 janvier 2013, une association est fondée, outil
indispensable à l’action de sauvegarde de l’art de Pierre Martelanche et
de divulgation de sa pensée. Elle accompagnera la conception et
l’équipement du site de restauration et d’exposition des pièces
réhabilitées, ainsi que l’installation de l’atelier d’initiation
« partagée » à la terre cuite.
Printemps 2013, une souscription est lancée. Cette
campagne d’information et d’appel à soutien constitue la première action
de l’association en faveur de ce joyau d’art populaire dont la
restauration nécessite un important soutien financier. Tous ceux qui
sont convaincus par l’humanisme actif du vigneron Martelanche, en
direction du public le plus grand, et par l’immense valeur esthétique de
sa création, modeste et généreuse, peuvent aider au sauvetage du musée
et de son inestimable contenu. En échange, ils reçoivent un leporello,
livre d’art rehaussé de huit photos de Viviane Lièvre.
Été 2013 : de nombreuses personnalités du monde l’Art
Brut viennent visiter le Petit Musée et les réserves dont Madame
Marie-José Georges, directrice du Palais Idéal du Facteur Cheval.
Jean-Yves Loude et Viviane Lièvre se rendent à Lausanne afin de
rencontrer et d’informer madame Sarah Lombardi, directrice du Musée
d’Art Brut, de l’existence de cette pépite. Madame Lombardi décide
aussitôt d’inclure Pierre Martelanche dans le site du musée.
24 octobre 2013 : Madame Anne Carcel,
Conservatrice des Antiquités et Objets d’Art de la
Loire, présente l’œuvre de Pierre Martelanche devant la
commission nationale du classement au Patrimoine. En vertu de la qualité
des sculptures et de l’importance des messages qu’elles colportent,
l’œuvre de Pierre Martelanche est retenue dans son ensemble pour
une inscription au titre des Monuments Historiques.
Rarement une reconnaissance n’aura été aussi rapide ; elle démontre
l’importance de la découverte.
Novembre 2013 : dix pièces majeures de Pierre
Martelanche sont exposées dans la vitrine « publique » du Musée
Déchelette à Roanne pendant trente jours. Cette exposition
sur rue remporte un vif succès.
Décembre 2013 : un nouveau miracle se produit.
L’arrière arrière petit-fils de Pierre Martelanche, en rangeant un
entrepôt, découvre une sculpture du Christ, entouré de
quatre figures féminines, d’une hauteur de cinquante centimètres.
L’oubli dans lequel elle se trouvait lui permet de resurgir en parfait
état, en pleine période de Noël !
Jeudi 13 mars 2014 : Jean-Yves Loude, Viviane Lièvre,
Colette Brussieux et les descendants de Pierre Martelanche participent à
la troisième Biennale d’Art Singulier de Dijon et révèlent la place
singulière qu’occupe désormais dans ce domaine international le
« vigneron autodidacte éclairé » de la Côte Roannaise. A cette occasion,
le film court métrage (19 minutes) de Philippe Lespinasse est projeté en
avant-première.
Avril 2014. Un restaurateur spécialisé, Lionel
Lefebvre, est pressenti pour redonner couleurs et solidité à l’ensemble
des pièces. Un budget et une méthodologie sont établis. Le temps des
grandes subventions et décisions arrive afin que l’actualité des idées
généreuses et humanistes de Martelanche touche le rivage des consciences
contemporaines, un siècle après les avoir modelées.
Juin 2014. Parution de l’article « Pierre Martelanche,
un monde d’argile. À la découverte d’une collection d’Art Brut en Côte
Roannaise », rédigé par Reine Bürki, Conservateur des Bibliothèques,
dans le Bulletin des Bibliothèques de France, publié
par l’ENSIIB, l’École nationale supérieure des sciences de
l’information et des bibliothèques.
Août 2014. Enregistrement, sur le site de St
Romain-la-Motte, d’une émission de 45 minutes pour la chaîne première de
la Radio Suisse Romande. Diffusion : automne 2014. Diffusion : mardi 14
octobre de 16h à 17h.
Septembre 2014. En vertu de l’inscription de l’œuvre de
Pierre Martelanche sur la liste du Patrimoine national, les
représentants de la DRAC et du Conseil Général de la
Loire confirment le soutien de leurs institutions
respectives à la restauration et à la future mise en place d’un espace
de restitution des sculptures de Martelanche au public.
Vendredi 6 Février 2015. France Culture consacre une
émission d’une heure à Pierre Martelanche, dans le cadre de l’émission
de Julie Gacon, « Sur la Route ». A écouter sur ce Blog.
Mai 2015. Sortie de la revue d’Art, « L’Œuf Sauvage »,
qui consacre dix pages à l’œuvre de Pierre Martelanche.
Dimanche 21 juin. Exposition de quelques œuvres de
Pierre Martelanche dans le clocher de l’église de Saint-Romain-la-Motte,
et dans le cadre des Journées du Patrimoine de Pays. Le
film de Philippe Lespinasse est diffusé cinq fois de 14h à
18h.
Plus de trois cents personnes se pressent vers le clocher à
cette occasion, révélant l’attraction qu’exercent la beauté des
sculptures de Martelanche et la force de sa pensée.
Réussite
magistrale de cette opération « Portes ouvertes » et surtout grand
succès populaire qui confirme le jugement des spécialistes de l’Art
Singulier sur le trésor que représente Martelanche pour la commune de St
Romain-la-Motte.
Printemps 2015. L’aventure humaine de la redécouverte
de l’œuvre de Pierre Martelanche suscite un fort intérêt parmi les
associations en charge des territoires proches du Roannais. Jean-Yves
Loude est invité à faire de nombreuses présentations de « Voyage avec
mes ânes en Côte Roannaise » suivi de la projection du film de Philippe
Lespinasse sur l’œuvre de Martelanche : à Grezolles le 23 mai lors de la
Biennale de Sculpture, à Lay le 2 juin, aux Biefs le 19
septembre.
Octobre 2015
La Mairie de Roanne confirme son choix de confier à la
commune de Saint-Romain-la-Motte, via l’Association des Amis du Petit
Musée de Pierre Martelanche, le four à céramique du Musée Déchelette.
Cette délocalisation du four doit se comprendre dans le cadre de
collaboration à venir entre le musée Déchelette et le futur Espace
Pierre Martelanche qui accueillera des artistes résidents du Musée
Déchelette pour des ateliers et des créations d’œuvres. Préfiguration
d’opérations « Déchelette hors les murs ». La nouvelle de cette
association à travers le four apporte une dynamique essentielle au
projet de l’Espace Martelanche, en accélérant le réalisation de la
première des trois phases de sa création : « l’Atelier partagé », qui
pourra être mis à l’essai dès 2016. Un atelier de formation à la terre
cuite, en direction des enfants, séniors et tout public. Cet atelier
partagé pose les fondations de la vocation sociale de l’Espace
Martelanche, avant la réalisation de la salle de restitution au public
des œuvres du vigneron autodidacte, et l’ouverture du centre de
rencontres autour des idées civiques portées par la pensée de
Martelanche.
Samedi 14 novembre.
La Municipalité de Hauterives, son maire, l’Adjointe au
Affaires Culturelles, Marie-Josée Georges, directrice du Palais
Idéal du Facteur Cheval, reçoivent le Conseil Municipal de
Saint-Romain-la-Motte. Cette rencontre était placée sous le signe d’une
collaboration future, d’une mise en réseau des lieux essentiels de l’Art
« Brut », « Singulier » ou « Populaire », quand l’Espace Martelanche
sera ouvert au public.
Marie-Josée Georges a offert au Conseil
Municipal de St Romain, à son maire Gilbert Varennes, une visite
privilégiée du site et de l’espace muséographique ouvert il y a
seulement un an, consacré à la vie du Facteur Cheval.
Cette
visite fut suivie d’une réception à la mairie pour une discussion sur le
formidable privilège culturel et économique que constitue la présence de
trésors d’Art populaire sur le site d’une commune, comme peuvent l’être
le Palais Idéal à Hauterives et, bientôt, le Petit Musée de Pierre
Martelanche à St Romain-la-Motte. Les deux communes étant de taille à
peu près comparables, les élus de Hauterives expliquent que la leur
dispose, grâce à la présence du Palais Idéal (un des sites les plus
visités de Rhône-Alpes), de plusieurs restaurants, d’une librairie, de
plusieurs boulangers, d’une agence bancaire, d’une vie économique en
bonne santé.
Une journée de discussions techniques extrêmement
précieuses pour l’avenir proche de l’Espace Martelanche. Et la certitude
d’une liaison forte d’intérêts réciproques entre les deux lieux
culturels.
Février 2016
Une seconde rencontre est prévue
entre les deux communes en février 2016 (date à confirmer). Cette
fois-ci, les élus de Hauterives se déplaceront au nord de la Loire pour
visiter le site du Petit Musée, les réserves et visionner le film de
Philippe Lespinasse.
Septembre 2021
Depuis longtemps vous attendez de
savoir ce que deviennent les œuvres remarquables de Pierre MARTELANCHE
vigneron autodidacte, artiste humaniste, dont les sculptures,
redécouvertes en juin 2011, inscrites à l’inventaire du Patrimoine en
2013, sont restées longtemps en attente d’un projet de valorisation et
d’une indispensable restauration.
Je vous prie, au nom de
l’Association, de pardonner l’absence de communication, suspendue
pendant plus d’un an et demi. La crise de la Covid 19 n’y est pour rien.
La raison de notre silence vient simplement de négociations politiques
et culturelles délicates autour de l’avenir des sculptures de Pierre
MARTELANCHE dont il aurait été préjudiciable de dévoiler la nature avant
qu’elles n’aboutissent. C’est aussi simple que cela.
Nous
attendions de bonnes nouvelles aujourd’hui confirmées pour pouvoir vous
les transmettre ; la covid ne nous permettant pas de tenir une assemblée
générale.
Initialement, les œuvres de Pierre MARTELANCHE devaient
rejoindre entre 2018 et 2019 le fonds du Musée des Confluences de
Lyon.
Des problèmes statutaires ont gêné la réalisation de ce
projet.
En 2019, devant une situation soudain bloquée, des
visites du site et des réserves ont été organisées pour réfléchir à
l’avenir de ce patrimoine précieux.
Monsieur Olivier DONAT,
Directeur des Musées de la Ville de Paris, ex-responsable du Lille
Métropole Art Moderne de Villeneuve d’Ascq (LAM), actuellement
administrateur général MUCEM de Marseille, a émis la possibilité d’un
accueil du fonds Martelanche au LAM, compte tenu de l’exceptionnelle
qualité de l’œuvre. Ce qui impliquait un déplacement de ce trésor d’Art
Populaire dans le Nord et une perte pour la Loire.
Par la suite,
grâce à l’implication de Madame la Députée, Nathalie SARLES, Messieurs
le Préfet de la Loire, le Sous-Préfet de Roanne, le Directeur de la DRAC
Auvergne-Rhône-Alpes, le directeur des Services Techniques de la Ville
de Roanne sont venus tour à tour constater que ce serait vraiment une
perte dommageable pour la région roannaise de voir s’éloigner ce trésor
culturel. Car, comme l’a répété Monsieur ABRARD, Sous-Préfet de Roanne,
« Ce n’est pas MARTELANCHE qui a besoin de Roanne, c’est Roanne qui a
besoin de « MARTELANCHE »
Fin 2019, à la suite de ces visites et
des concertations qui ont suivi, s’est formé le projet d’une donation
des œuvres de MARTELANCHE au Musée Joseph DECHELETTE de Roanne pour
qu’elles prennent place dans un espace permanent, dans le cadre de la
rénovation du Musée lui-même. Les négociations ont été initiées par
Madame Nathalie PIERRON, alors Directrice du Musée, et Madame Laure-Elie
RODRIGUES, Collaboratrice scientifique en charge des collections, avec
l’accord de Monsieur Yves NICOLIN, Maire de Roanne et avec l’attention
des responsables de la DRAC.
L’année 2020, si préjudiciable pour
la culture, a toutefois favorisé l’avancée de ce projet. Les conventions
ont été élaborées. Au cours du premier semestre, Monsieur Bruno YTHIER,
nouveau Conservateur et Directeur du Musée Déchelette, a pris ses
fonctions. Dès son arrivée, il a déclaré son attachement à l’œuvre de
MARTELANCHE et dit sa volonté de la voir enrichir le fonds du Musée
DECHELETTE, exposée dans un site propre, avec une mise en espace
respectant sa singularité.
Les restauratrices, Mesdames Colette
BRUSSIEUX et Fanny FIOL, furent invitées à établir les coûts et les
modalités de transfert des œuvres de Martelanche, des réserves où elles
étaient stockées à St Romain-la-Motte, à celles du Musée
Déchelette.
Début novembre 2020, et pendant quatre semaines,
assistées par les équipes du Musée, sous la responsabilité de Laure-Elie
RODRIGUES, Colette BRUSSIEUX et Fanny FIOL ont nettoyé les pièces, les
ont triées, identifiées, et ont dirigé leur conditionnement et
emballage, réalisés par l’équipe technique du musée, avant que les
pièces ne soient chargées dans les véhicules du Musée et transportées à
Roanne. Les deux restauratrices ont ainsi pu rédiger un nouvel
inventaire homogène de l’œuvre complète qui servira de base scientifique
et d’outil indispensable à la restauration.
En ce début d’année
2021, Colette BRUSSIEUX et Fanny FIOL ont achevé leur rapport, avec un
descriptif de l’état sanitaire. Les préconisations de restauration
constitueront une autre étape, précise, qui demandera de faire des
analyses par exemple, pour l'étude des matériaux et de la salinité des
pièces. Elle pourra débuter sur la base du récolement qui vient d’être
effectué. Elle est de fait prévue pour cette année. C’est seulement à
partir de là que pourra être chiffré le coût à provisionner pour la
restauration.
Il reste encore une réflexion à aboutir et des
décisions à prendre concernant le devenir de la cabane, les œuvres
incluses dans les murs et le fronton de la cabane de vigne, ainsi que
celui des cinq sculptures en béton installées par MARTELANCHE à la
périphérie de son « Petit Musée ». Colette BRUSSIEUX a proposé dans son
rapport, des sondages archéologiques du sol de la cabane et du terrain,
pour reconnaître les niveaux d’origine et l’aménagement du site, tel que
l’avait voulu Martelanche, avant toute opération de dépose ou de
démontage.
Monsieur YTHIER, Directeur du Musée DECHELETTE, se
montre attentif au sort de la cabane « témoin », ainsi qu’à la
disposition des œuvres dans l’espace primitif par MARTELANCHE lui-même,
qui devra être prise en compte pour la scénographie future. Pour cela,
il reste au Musée Déchelette à finaliser son projet muséographique et à
choisir l’option de présentation de la cabane (démontage, fac-similé,
copie 3D…).
Le rôle de l’Association ne s’arrête pas soudain, à
la suite de cette évolution positive. Loin de là. Monsieur YTHIER et le
service culturel de la Ville de Roanne espèrent la présence de
l’Association à leurs côtés dans la recherche de fonds ou pour la future
communication autour de l’exposition de MARTELANCHE au
Musée.
Monsieur Quentin BAZIN, membre de l’Association, a
développé un projet autour du réseau des points d’excellence de l’Art
Brut en région Auvergne-Rhône-Alpes, dont MARTELANCHE fait partie. Il en
exposera la teneur et les enjeux dans une prochaine
communication.
Parmi les projets qui tiennent à cœur aux membres
de l’Association, est envisagé un « chemin MARTELANCHE » à installer
dans le village de Saint-Romain-la-Motte : un parcours de panneaux,
textes et photos, pour retracer la vie, la naissance de l’inspiration du
vigneron aux idées avancées, pour exposer la richesse de ses idées
humanistes. Ce sera, peut-être, le prochain chantier gratifiant et à
long terme de l’Association. Il aurait le triple avantage de maintenir
une trace visible, permanente de MARTELANCHE dans son village ; de
constituer une attraction touristique ; de matérialiser la connivence
entre la commune de MARTELANCHE et le Musée DECHELETTE où son œuvre,
esthétique et engagée, continuera à faire réfléchir et à émouvoir cent
ans après sa mort.